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Le Journal de l'île Rouge
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La gazette de la grande île
28/12/20248 minute read

Pas d’alternance possible par les élections organisées par Rajoelina SAFIOTRA

La semaine dernière, Ra8 disait  » Entachées par des fraudes, les élections ne sont plus qu’un moyen pour les dirigeants de se maintenir au pouvoir. Il n’y a pas d’alternance possible par les élections… La Patrie et la démocratie sont en danger, on se dirige vers la dictature« , et Ra8 « d’appeler toutes les forces vives de la nation à se lever et à unir leurs forces urgemment pour mettre fin à ces dérives qui ne font que mettre en péril la démocratie et l’avenir du pays ».

Transparency International Initiative Madagascar (TI-MG) avait publié un communiqué de presse intitulé « Madagascar : Transparence et Intégrité électorale en péril – Une alerte envers les citoyens et la communauté Internationale » https://x.com/TI_MDG/status/1871178760403534137 .
TI-MG appelle les citoyens à ne pas reconnaître ces élections comme légitimes. Elle demande aux partenaires techniques et financiers de demander des comptes auprès de la CENI et du Gouvernement.

« Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l’épée, périront par l’épée » (Matthieu 26 :52)

Rajoelina SAFIOTRA va-t-il devoir affronter son mauvais karma en 2025 ? Lui qui croit aux destins révélés par les chiffres avait dit le 10 décembre 2024 : « Il n’y a pas de coïncidences, 36 ans après l’incendie de la mairie d’Antananarivo, on a inauguré la nouvelle mairie. C’était également mon 36ᵉ anniversaire ». Lui répondant du tac au tac, « l’Antenimieran’ny Ray aman-dReny Foko Malagasy » a dit que ces 2 fois 36 correspondent au 666 qui n’est autre que le chiffre du diable. Selon l’Apocalypse de Saint-Jean, chapitre 13, verset 18 : «  Celui qui a l’intelligence, qu’il se mette à calculer le chiffre de la Bête, car c’est un chiffre d’homme, et ce chiffre est six cent soixante-six » : https://transfert.free.fr/ciL0Tjm.

Le 26 janvier 2009, une foule avait pillé les locaux de la télévision et de la radio nationale ainsi que plusieurs magasins dont les sociétés de Ravalomanana. Bientôt le 15ᵉ anniversaire de ce qu’on a appelé le « Lundi Noir », immortalisé par quelques vidéos, dont celui-ci :  https://www.facebook.com/groups/1729257277508977/permalink/2098989547202413/?rdid=FhhLFWYkaB0LNpDU
 
À l’approche de cet anniversaire, Rajoelina SAFIOTRA ferait bien de méditer le verset Matthieu 26 :52, ou cette expression « On est souvent puni par où on a pêché« .
Pour les Hindouistes et les Bouddhistes, le Karma est un dogme central, selon lequel la destinée d’un être vivant et conscient est déterminée par la totalité de ses actions passées, de ses vies antérieures.  
Pour nos Sages « Ny tody tsy misy fa ny atao no miverina« .

Et l’opposition ?

Gascar et Tahiana Razafinjoelina s’autoproclamaient nouveau leader de l’opposition, mais il paraît maintenant clair qu’ils n’ont pas encore acquis ce bon sens politique. Tuer le père n’est pas chose facile, et en politique la gestion du temps est primordiale, comme aimait souvent à le rappeler feu le Pasteur Richard Andriamanjato.
Puis il ne faut pas oublier l’Histoire, la maïeutique socratique de savoir distinguer entre contradiction principale et contradiction secondaire. Il y a de fortes chances que la carrière politique de Tahiana Razafinjoelina s’est arrêtée nette avant même de commencer. L’Histoire retiendra que, celui qui s’est autoproclamé le 1ᵉʳ opposant à Rajoelina SAFIOTRA, s’est fait son complice objectif en faisant élire la candidate de Rajoelina SAFIOTRA.

Quant à Gascar qui prétend détester le culte de la personnalité, il a appelé Mouvement GASCAR son « parti ». Pas facile de muer du journaliste au politicien !

Nous reprenons ci-dessous un article de Celle qui pique, « Ikala Paingotra », paru sur Madagascar Tribune, dont la lecture des commentaires est également fort instructive et vaut le détour :
https://www.madagascar-tribune.com/Cycles-electoraux-quelles-lecons.html .

« Cycles électoraux : quelles leçons pour l’opposition ? »

L’expérience des trois dernières élections permet de conclure à l’inefficacité stratégique de l’opposition, voire à son impuissance face au pouvoir. Après la défaite à la présidentielle, puis la débâcle des législatives, confirmée par le naufrage des municipales, les opposants sont obligés de constater qu’ils n’ont pu rien faire devant le rouleau compresseur de l’appareil d’État. Malheureusement, les succès électoraux du pouvoir ne sont pas le fruit d’une performance qui lui aurait valu la reconnaissance des électeurs, mais de la manipulation du processus où se mêlent incompétence et malhonnêteté.

Du côté du pouvoir, on s’enorgueillit de ces “succès” électoraux présentés comme l’illustration de sa popularité. Cette application de la méthode Coué encourage les dirigeants à appliquer la devise olympique dans les abus : plus vite, plus haut, plus fort. En effet, plus personne n’est capable de mettre des balises : les hauts fonctionnaires ont peur d’un décret d’abrogation, les citoyens ont peur des montages de dossiers devant les tribunaux, les facebookers ont peur d’une convocation aux services de la cybercriminalité. Face à ces violations répétées des valeurs démocratiques, que ce soit dans les domaines des élections ou des libertés fondamentales (presse, expression, réunion, etc…), l’opposition et la société civile sont incapables de trouver la parade. Selon le dicton, “Ny olom-banona tsy vonona, ny olom-bonona tsy vonona”.

L’intimidation, la répression et l’arbitraire font partie de la panoplie de méthodes du pouvoir actuel : les récalcitrants sont menacés, arrêtés, emprisonnés, non pas pour avoir enfreint la Loi, mais pour avoir émis un propos dissonant au milieu de la symphonie des “bravos, mercis” au Prezidà. Ici, on ne parle pas de théorie : combien de lanceurs d’alerte et de critiques du pouvoir ont été inquiétés par la Justice ?

Jeu démocratique

Jusqu’à ce jour, il faut féliciter l’opposition, qui malgré tout, tente de jouer le jeu démocratique et républicain : présenter des candidats aux élections, porter plainte pour les fraudes avérées, et accepter bon gré mal gré les verdicts “tsy azo hivalozana” de la HCC. En d’autres termes, se laisser marcher sur les pieds, et ensuite sur la tête. Malheureusement elle est bien peu récompensée. Que faut-il donc mettre en place au niveau de l’opposition, de la société civile et de la communauté internationale pour limiter le panier de crabes qui nous est servi à chaque menu électoral ?

L’opposition doit donc faire preuve d’innovation pour contrer ce cancer antirépublicain qui s’installe, mais avec des méthodes légales. Réfléchir sur le moyen de rendre les preuves inattaquables et crédibles, assurer leur diffusion nationale et internationale, professionnaliser l’organisation d’une candidature et d’une campagne électorale.

Actuellement, la plupart des candidats n’ont même pas la capacité de couvrir de délégués la totalité des bureaux de vote concernés par leur candidature. Comment peut-on prétendre fournir une opposition sérieuse en se contentant de l’improvisation, de l’intuition et de la navigation au feeling dans les campagnes électorales, en se réjouissant et en rêvassant d’une possible victoire à la vue de stades remplis ?

Il y a donc un sérieux problème d’organisation de la part de l’opposition. Mais il y a également une question d’intelligence dans la gestion des batailles d’ego qui empêchent le front uni. L’arithmétique des résultats des municipales dans la Capitale montre que les deux candidatures d’opposition ont obtenu plus de voix que la candidate du pouvoir. Malheureusement, elles ont choisi d’aller séparément. Sans vouloir faire la mauvaise langue, force est de se poser des questions sur l’objectif de certaines candidatures, surtout quand elles ont joué le rôle de division que le pouvoir attendait d’elles.

Incompétence, manque d’intelligence politique, trahison et corruption : voilà sans doute les mamelles qui expliquent le fait que l’opposition soit en manque de viagra depuis tant d’années, car au petit jeu malsain du “politika no atao”, Andry Rajoelina s’est à chaque fois montré plus imaginatif et plus déterminé pour une victoire à n’importe quel prix, et apparemment plus persuasif envers les rouages de l’Etat.

Dans ce paysage peu réjouissant, une question est à poser à la clique politico-mafieuse au pouvoir : dans un contexte d’impopularité croissante du régime, à force de réduire la possibilité d’un jeu plus ou moins démocratique, que va-t-il rester aux citoyens et aux opposants comme mode d’expression ?

La réponse est dans la question, comme on dit souvent. La population finira par descendre dans la rue, comme ils ont commencé à le faire à Toliara Betanimena:  https://www.youtube.com/watch?v=9mQZbzMZNoE  et https://fb.watch/wKUX-czRQO/

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