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Le Journal de l'île Rouge
Politique

La JUSTICE, fossoyeur ou rempart de la démocratie

La gazette de la grande île
30/12/20249 minute read

Dans un Etat de droit, la JUSTICE est le dernier rempart de la démocratie. Dans un Etat de droit, la prééminence du DROIT sur le Pouvoir politique implique le respect de la LOI par tous, gouvernants et gouvernés.
Dans certains pays comme le Canada, la Constitution reconnaît la primauté du droit dans ses principes fondateurs.
A Madagascar, selon l’article 106 de la Constitution,  » Dans la République de Madagascar, la justice est rendue, conformément à la Constitution et à la loi, au nom du Peuple malagasy, par la Cour suprême, les Cours d’appel et les juridictions qui leur sont rattachées ainsi que la Haute Cour de justice« . Et selon l’article 107, « Le Président de la République est garant de l’indépendance de la justice« .
Et l’article 110 de préciser « Le fait de leur demander (magistrats) d’accomplir des actes qui sont manifestement contraires à la loi entraine pour les solliciteurs des sanctions prévues par la loi« .

Madagascar n’est pas un Etat de droit

Quand Rajoelina SAFIOTRA obtient son certificat de nationalité malagasy malgré le code de nationalité malagasy et les jurisprudences dans des pays ex-colonies françaises disposant du même code de nationalité, il est clair que le magistrat responsable n’a pas osé se soustraire aux instructions dans ce sens.
Quant à la HCC dont les arrêts et décisions ne sont susceptibles d’aucun recours selon l’article 120 de la Constitution, le Président de la République nomme 3 de ses membres, l’Assemblée Nationale, le Sénat, le conseil supérieur de la magistrature nomment chacun 2 membres. Qu’en attendre lorsque l’assemblée nationale et le sénat sont aux mains du pouvoir exécutif ? Rien, et leurs arrêts et décisions antérieurs ne font que confirmer cette situation.
Madagascar ne fait qu’hériter des tares de la colonisation française. Au Kenya ancienne colonie britannique par exemple, saisie par l’opposition en 2017, la Justice est vraiment indépendante et a invalidé la victoire d’UHURU Kenyatta en raison d’irrégularités lors de élections présidentielles. Et personne n’a remis en question ni contesté leur décision. De même, cette Cour Suprême du Kenya a validé en 2022 l’élection à la présidence de William RUTO, malgré tous les recours présentés par l’opposition.
   

William RUTO élu président du Kenya

Que penser de l’ex-Dircab Romy VOOS qui a pu rentrer à Madagascar, sans qu’aucune enquête n’ait été diligentée à son encontre, malgré sa condamnation par un tribunal britannique ?
Que penser des ministres en charge des mines, dont Ntsay Mike Tyson, qui n’est pas inquiété malgré la disparition de 36 kg d’or dans les coffres du ministère ?
On pourrait encore rallonger la liste des intouchables de ce régime, une preuve du « 2 poids, 2 mesures » contraire à ce qu’est un Etat de droit.

Les « Honorables députés »

« Honorable » se traduit par « Mendri-kaja » selon Google, et « Mahabe voninahitra, mendri-piderana, mendri-panajana » selon le dictionnaire Vitasoa.
Les parlementaires issus de pays de rite britannique s’interpellent pas ce vocable « honorable » lors des sessions parlementaires, et leurs collègues malagasy s’en sont saisis gaillardement pour s’interpeler.
La majorité d’entre eux savent-ils seulement la signification de ce mot lorsqu’on se rappelle l’allocution en français du doyen des députés lors de la session inaugurale parlementaire ? (Loin de nous l’idée d’en blâmer ce doyen que rien n’obligeait à maîtriser le français).
              

Modeste Rakotorahalahy doyen et Gascar benjamin des députés

Le député Roméo Ramanatanana a dû se mordre les doigts de ne pas s’être présenté aux législatives comme candidat IRMAR. Pour s’être finalement rallié aux députés pro Rajoelina SAFIOTRA ! Il n’a pas ainsi bénéficié de la protection salutaire du pouvoir, et est actuellement détenu à Tsiafahy. Se faire attraper en flagrant délit de trafic de tortues pour quelqu’un issu du corps de la police ! De surcroît, un ancien président du club de service Rotary ! (On y trouve vraiment de tout comme le dit un slogan des grands magasins français Les Galeries Lafayette).
Il n’a pas été traité comme l’ancien ministre Imbiky Herilaza pris en flagrant délit de corruption, et qui, malgré cela, siège actuellement à l’assemblée nationale comme député de l’IRMAR ?
Nous reproduisons ci-après un article de Celle qui pique « Ikala Paingotra » paru sur le journal en ligne Madagascar Tribune https://www.madagascar-tribune.com/L-echarpe-ne-fait-pas-l-honorable.html .

L’écharpe ne fait pas l’honorable

lundi 30 décembre  Ikala Paingotra

L’actualité a mis sur le devant de la scène Roméo Ramanatanana, le député de Soavinandriana Itasy, attrapé la main dans le sac dans un trafic d’espèces protégées. Il est l’ancien président du Rotary Club Antananarivo Tsimbaroa. Non seulement député, le bonhomme est inspecteur de police : une double affiliation à la Loi, en étant chargé de les faire et de les appliquer. Il faudra procéder à la réécriture du dicton malgache : Ny hitsikitsika natao hivavahana indray no lasa papango nipoaka ny zanak’akoho, car ici on ne parle pas de poulets mais de tortues.

Quelle est la leçon à tirer de cette histoire ? L’habit ne fait pas le moine et l’écharpe de député ne fait pas l’honorable, malgré le goût de nos parlementaires pour ce titre anglo-saxon : il est tout à fait possible d’être député, policier, rotarien, et d’être une fripouille. Tout comme un titre de Président de ceci ou de cela, de Ministre, de Directeur général, de Directeur, de Pasteur ou d’Abbé etc ne prémunit pas des vices. Un communiqué de Transparency International – Initiative Madagascar (TI-IM) a également rappelé des affaires scabreuses concernant deux députés jamais inquiétés. Pour une fois, le poids de la société civile (TI-IM et Alliance Voahary Gasy) a joué et empêché que l’affaire ne soit étouffée, comme ce qui arrive souvent quand des gens au pouvoir sont impliqués. Mais peut-être en aurait-il été autrement si le député avait été élu sous le label IRMAR, au lieu de n’être qu’un député pseudo-indépendant…

Le cas du député Ramanatanana n’est pas un cas isolé de comportement douteux de la part d’un parlementaire issu du corps de la police. Il y a plusieurs années, lors d’une session diffusée en direct sur les réseaux sociaux, un député et commissaire de police avait eu le toupet de se plaindre que son intervention pour faire « passer » une liste de candidats à un concours d’entrée à la police nationale ait été ignorée par le ministère. Non seulement auteur de népotisme et de trafic d’influence dans les concours administratifs, il s’est en plus permis de se plaindre de l’avis de non-recevoir qui lui a été opposé. Son passage à la tête d’une direction centrale avait d’ailleurs été écourté par un limogeage à la suite d’une succession d’abus et de dérapages.

Il y a quelques années, une photo d’un député sur un bateau avec une cargaison de bois de rose avait fait le tour des réseaux sociaux. Rappelons également le cas d’un député accusé d’acte pédophile, et qui a réussi à étouffer l’affaire après que le père ait été « invité » à retirer sa plainte pour des raisons inconnues. Ces deux députés étant depuis décédés, ils ont emporté dans leur tombe les possibilités de suite à ces dossiers.

En-dehors du milieu des parlementaires, il y a quelques jours un chef de service du ministère des Affaires étrangères a été attrapé en train de faciliter l’exportation illicite de 53,7 kilos de lingots d’or dans une valise diplomatique. Enfin, faut-il rappeler l’affaire Romy Voos, attrapée la main dans le sac d’une affaire de corruption au Royaume-Uni ? Tous ces exemples illustrent le style de comportement de nos « élites ». Mais peut-on encore parler d’élite quand ces gens utilisent leur présence au pouvoir pour en abuser sans scrupules ?

Tsimbazaza, reflet de Tsimbazaza ?

Pour en revenir aux députés, la vie du Palais de Tsimbazaza est de façon récurrente le théâtre d’affaires qui illustrent la déliquescence des valeurs morales chez les parlementaires depuis des décades. On ne les voit virulents que quand il s’agit de lutter pour leurs avantages et indemnités. La pratique des mallettes et le sujet de l’octroi des 4×4 favorisent la géométrie variable des tendances politiques. L’élection de Président de la chambre basse par 100% des voix est un exemple d’incongruité, alors qu’il y a des députés d’opposition parmi les électeurs.

Comment en est-on arrivé là ? Sans aucun doute, la corruption qui se généralise dans un pays où tout est à vendre se reflète également chez les parlementaires. Les mœurs du clan au pouvoir, qui plonge ses racines dans un coup d’État, ont également déteint sur la vie publique en matière d’absence de scrupules pour violer les valeurs démocratiques et les principes de bonne gouvernance. La fonction de député devrait être une fonction noble occupée par des gens patriotes, intègres et compétents, car ils ont deux rôles vitaux pour le pays : faire les lois et contrôler l’action du gouvernement. Malheureusement, un système politique devenu de plus en plus ploutocratique (le pouvoir aux riches) a favorisé l’entrée au Palais de Tsimbazaza de personnes qui ont la fortune sans avoir la classe.

Dans une lettre écrite en 1915, celui qui devint plus tard le général de Gaulle avait écrit ces mots dans une lettre à sa mère, et qui montrent combien l’entrée au Parlement de personnes devant leur siège de député à l’argent est préjudiciable : « Le Parlement devient de plus en plus odieux et bête. Les ministres ont littéralement toutes leurs journées prises par (…) la lecture de requêtes ou des injonctions les plus saugrenues du premier marchand de vins venu que la politique a changé en député  ».

Sans doute faudra-t-il délocaliser le Palais de Tsimbazaza pour que le comportement de leurs voisins du parc zoologique ne devienne pas une source d’inspiration pour certains de nos « honorables »

Les députés potiches du régime

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