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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Trump, une chance pour Madagascar ?

La gazette de la grande île
23/02/20258 minute read

USAID out

Des milliers de travailleurs des quatre coins de l’île au chômage du jour au lendemain, leurs employeurs ayant perdu le soutien financier de l’USAID.
Tel est le sort des employés de plusieurs projets en cours comme USAID, ACCESS, VIKINA, HAREA, MIZANA, HARENA, RIAKE, RANO MAHARITRA, DIO SERA… Qui ont en commun d’être financés par l’USAID. Si ces projets semblent ne rien dire aux lecteurs, les ONG Catholic Relief service ou Alliance Voahary Gasy leur sont certainement plus familières, et elles viennent de perdre tout ou partie de leur financement.

Dès son entrée en fonction, Donald Trump a signé un décret gelant immédiatement toute aide internationale de l’USAID (40 milliards de dollars de budget annuel). Le 3 février 2025, Elon Musk annonçait la fermeture officielle de cette agence de développement.

Fermeture de Friedrich Ebert Stiftung

Se seraient-ils donnés le mot ?
La fondation FES (Friedrich Ebert Stiftung) est active à Madagascar depuis 1964, avec une interruption entre 1975 et 1988. Elle vient également d’informer sa fermeture fin août 2025 dans plusieurs pays dont Madagascar.
Pourtant, un de ses programmes phares, le YLTP (Youth Leadership Training Program) qui forme des jeunes leaders politiques (Précision : notre « African Political Leader of the Year 2025 » n’a pas suivi ce programme), venait à peine de terminer les phases de sélection de la promotion 2025. Il faut espérer, pour les sélectionnés, qu’ils puissent tout de même participer à cette formation.

L’aide publique au développement

La fin de ce soutien de l’USAID remet actuellement en question la continuité de services essentiels, notamment dans les zones rurales, comme l’accès aux soins ou la lutte contre la malnutrition.
Cela signifie tout simplement que l’Etat Malagasy n’est pas à la hauteur de ses devoirs essentiels, ne serait-ce que pour assurer la satisfaction des besoins de base de sa population, à savoir ses besoins physiologiques : boire, manger, respirer, santé, la base de la pyramide de Maslow.

En pleine ville de Mahajanga, on vient de trouver une vieille dame affamée et amaigrie qui s’était aménagé son « nid » sous des branchages pendant que Mamimbahoaka va aller se pavaner à Casablanca pour recevoir son prix ridicule de leader politique africain 2025 ! À pleurer de honte ! N’avait-il pas pourtant pas dit à Dubaï « Un bon président est celui qui sait nourrir sa population » ?
https://www.facebook.com/share/v/18WUijC48K/ ou à télécharger sur :  https://www.transfernow.net/dl/20250221WlsmpT8z/cZPhmOaM.

C’étaient l’USAID et ces ONG qui assuraient cette fonction à la place de l’Etat, ce qui nous rappelle une phrase du Boky Mena (La Charte de la Révolution Socialiste Malagasy) du président Didier Ratsiraka « L’aide étrangère ne doit être considérée que comme un supplément, elle ne doit jamais être un complément. Toute aide qui ne nous aide pas à nous passer de l’aide étrangère doit être refusée ».
La situation actuelle ne fait que conforter la justesse de ce précepte, n’en déplaise aux adversaires et ennemis de « l’Amiral Rouge ».

Pour les jeunes et futurs leaders politiques, ce Boky Mena qui date de 1975, il y a cinquante ans, recèle encore d’excellents préceptes, ne serait-ce que les paragraphes sur l’Unité nationale et la décentralisation. Tout n’est plus « au goût  » du jour dans ce Boky Mena, loin de là, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Extrait du Boky Mena : « Comment expliquer aussi l’opposition corse et bretonne à Paris ? Les paysans d’Antsakoabe (un petit bled d’Antsiranana II), d’Ankadivoribe (un bled de l’Imerina) et d’Ampanihy (un village du sud), ne s’opposent pas parce qu’ils sont logés à la même enseigne. Les événements du sud du 1ᵉʳ avril 1971 n’étaient pas non plus une jacquerie à caractère ethnique, mais une manifestation violente du rejet par une population déshéritée d’un système injuste. Tous les soubresauts qu’on a vécus jusqu’ici étaient en fait les expressions d’une seule et même lutte, la lutte de classe, entre exploiteurs et exploités, entre dominateurs et dominés, entre nantis et déshérités« .
Boky Mena à télécharger sur
https://fr.scribd.com/document/471896906/Madagascar-livre-rouge-boky-mena-ratsiraka-socialisme-1975   ou sur https://www.transfernow.net/fr/bld?utm_source=20250221E327BQWF&utm_medium=wFDcJpe2.

Boky Mena                                      Nenibe affamée à Mahajanga

L’avènement de Trump n’est-il pas une vraie chance pour Madagascar ?

Une vidéo virale circulait sur le net, et les propos attribués au président Trump collaient tellement aux réalités malagasy actuelles, qu’elle ne semblait pas être une fake vidéo : « Coup de tonnerre pour les présidents africains : Le président Donald Trump vient de taper du poing sur la table face à la corruption et à la mauvaise gestion en Afrique. Dans la journée du 7 février, il a signé un décret qui consiste à bloquer tous les avions que des politiciens africains ont achetés aux États-Unis. Par ailleurs, le président Trump a également déclaré ceci. Les enfants des présidents et ministres africains n’ont plus le droit de venir faire des études aux États-Unis. Ils doivent étudier chez eux en Afrique pour contribuer à la croissance de leur pays ».
Cette déclaration est un véritable coup dur pour les présidents africains corrompus qui ne veulent rien faire pour développer leur pays. L’Afrique est actuellement le seul continent sur lequel les présidents et les ministres pillent les richesses de leur pays pour s’acheter des appartements de luxe en France, aux États-Unis et au Canada. Toutes les familles des autorités africaines ont des appartements de luxe en Occident et ils font la belle vie au moment où le reste de la population souffre. Les présidents et ministres africains sont les seuls au monde qui envoient tous leurs enfants étudier dans les grandes universités en France, aux États-Unis, au moment où le reste de la population étudie dans les universités délabrées de leur pays. Ils ont refusé de construire de bonnes universités pour leurs étudiants. Les présidents et ministres africains sont également les seuls au monde qui quittent leur pays pour se soigner en France, aux États-Unis et au Canada au moment où leur population se soigne dans les hôpitaux délabrés de leur pays. Ils ont refusé de construire de bons hôpitaux dans leur pays et au moindre malaise, ils prennent leur avion pour aller se soigner en Occident. Cette décision de Donald Trump va désormais contraindre ces présidents corrompus à bien gérer leur pays.

Qui se sent morveux se mouche !
Cela fait mal de se reconnaître dans ces propos, et on est jusqu’à souhaiter que le président Trump aille réellement dans ce sens pour mettre un peu de plomb dans la tête de Mamimbahoaka.

Rien qu’à lire le PV du dernier conseil des ministres, on mesure à quel point il n’y a aucune cohérence dans les décisions de ce régime Mamimbahoaka. C’est pourquoi :
– D’un côté,  » Le Conseil des Ministres a approuvé la communication verbale relative à l’opération de déguerpissement des exploitations minières illicites dans plusieurs aires protégées« . Malgré ce mauvais français, on comprend que le régime entend démanteler les exploitations minières artisanales illicites présentes dans des aires protégées.
– De l’autre côté, Mamimbahoaka veut qu’on accentue notre lobbying pour le maintien de l’AGOA, en mettant en exergue la « valorisation des minéraux critiques, essentiels à la fabrication des nouvelles technologies et des équipements de production d’énergie renouvelable« .
D’où la décision de reprendre le projet Base Toliara qui va faire disparaître 3 000 hectares (environ 50 fois les 67 hectares)  à biodiversité unique ! C’est un peu fort du café !

Constantin Grund, ancien représentant résident de la FES, avait rédigé une sorte de testament prémonitoire avant de quitter Madagascar en avril 2024  « … Il est plus facile de s’asseoir avec des soi-disant experts en développement que de faire face aux questions ou aux attentes du pays… Cela va devenir un problème pour l’élite de Madagascar, car, un jour, le manque persistant de volonté politique de faire quelque chose de concret et de réel pour le développement du pays va se retourner contre le pays… ». Nous y sommes maintenant malheureusement.
Vous pouvez lire l’intégralité de cet article intitulé « Money for Nothing » (Traduction libre :  De l’argent jeté par les fenêtres)  à la page 55 de la revue Politika n°35  https://library.fes.de/pdf-files/bueros/madagaskar/15161/politika_35.pdf .

Des priorités coûteuses et inappropriées

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