Différentes études menées par des institutions internationales révèlent un déficit majeur dans les flux financiers nécessaires pour sortir Madagascar de la pauvreté généralisée. À cela s’ajoute l’impact du changement climatique, qui complique encore davantage la situation. Le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souligne que la température mondiale atteindra probablement 1,5 °C, même avec des efforts considérables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le récent rapport de la Commission européenne indique que, dès 2024, cette limite a déjà été franchie.
Au cours des derniers mois, de décembre 2024 à février 2025, période de pluie à Madagascar, la nature a démontré qu’à chaque augmentation de la température mondiale, les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents et intenses. Le réchauffement climatique en cours a perturbé considérablement le cycle de l’eau, en accroissant son intensité et son imprévisibilité. En février 2025, Madagascar a connu une période prolongée de fortes précipitations, après une sécheresse persistante.
Dans ce contexte, les besoins financiers pour faire face à ces défis devraient augmenter de manière significative. Le déficit de financement nécessaire pour sortir Madagascar de cette situation pourrait atteindre des millions de dollars par an au cours des dix prochaines années. Cette situation est exacerbée par la croissance démographique et par l’insuffisance des infrastructures, souvent détruites par des événements climatiques de plus en plus fréquents.
Le lien entre les infrastructures de base (eau, électricité, assainissement, Internet) et le développement économique est évident. Sans un financement suffisant pour la construction et l’entretien de ces infrastructures, déjà fragiles, il sera impossible de générer la richesse nécessaire pour améliorer les conditions de vie des Malgaches. Il est donc impératif que Madagascar comble cet écart financier tout en renforçant la gouvernance. Une gestion publique efficace et sans corruption est indispensable pour garantir que les efforts financiers et infrastructurels déployés portent réellement leurs fruits.
« Sans une volonté réelle de changer le système actuel et si cet écart massif et croissant n’est pas comblé, le rêve de développement des Malagasy ne se réalisera jamais, même avec toutes les prières du monde. »