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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Le Werawera Inutile : Sensibilisation ou Spectacle de Rue ?

La gazette de la grande île
16/03/20253 minute read
une gesticulation politique pour donner l’illusion d’une action, sans jamais s’attaquer à la racine du problème

Le 10 mars 2025, une opération de sensibilisation a été menée à Andranotapahina par les Officiers de Police Judiciaire de l’Environnement (OPJE) du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD). Objectif annoncé : alerter les conducteurs de véhicules et de deux-roues sur les effets néfastes des gaz d’échappement polluants liés à un manque d’entretien. La cérémonie a vu la présence de plusieurs hautes autorités, dont Max Fontaine, la Direction Générale de la Sécurité Routière (DGSR) et l’Agence des Transports Terrestres (ATT).
Le clou du spectacle ? L’attribution d’un marquage spécial aux véhicules bien entretenus, supposés émettre moins de fumée. Une initiative qui, en apparence, semble louable. Mais en grattant un peu la surface, on se rend vite compte que cette descente n’est qu’un énième werawera, un show médiatique sans réelle portée.

Un Problème Qui Ne Se Règle Pas dans la Rue
Pourquoi cette action est-elle inefficace ? Parce que le problème de la pollution causée par les véhicules ne se situe pas sur les routes, mais bien en amont, là où la corruption fait loi : les visites techniques. En théorie, ces contrôles sont censés garantir que seuls les véhicules en bon état et respectueux des normes environnementales circulent. En pratique, c’est une autre histoire.

La plupart des véhicules qui crachent des fumées noires dans la circulation ont pourtant tous un certificat « apte à la circulation ». Comment est-ce possible ? Simplement parce que dans de nombreux centres de visite technique, il suffit de payer pour obtenir ce précieux papier, sans même que le véhicule ne soit inspecté. Ainsi, des voitures en piteux état, dont les moteurs n’ont pas vu un entretien depuis des lustres, continuent de rouler légalement, sous couvert d’un document officiel.
Si le ministère voulait réellement agir contre la pollution des véhicules, il ne devrait pas distribuer des autocollants aux quelques chanceux ayant un pot d’échappement propre. Il devrait plutôt envoyer ses agents infiltrer les centres de visite technique, traquer les fausses certifications et sanctionner sévèrement les pratiques frauduleuses.

Juste du Bruit
Le véritable enjeu ici n’est pas tant la sensibilisation des conducteurs, mais la lutte contre l’impunité et la corruption qui gangrènent le système. Tant que les visites techniques seront une simple formalité monnayable, cette pollution incontrôlée continuera. Et ces descentes spectaculaires dans les rues ne seront que du werawera de plus, une gesticulation politique pour donner l’illusion d’une action, sans jamais s’attaquer à la racine du problème.
La question demeure : le gouvernement veut-il réellement combattre la pollution, ou préfère-t-il continuer à organiser des événements tape-à-l’œil, où l’on récompense les symptômes plutôt que d’éliminer la cause ?

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