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Le Journal de l'île Rouge
Economie

Pillage d’État sous Rajoelina : Le système Andriamanohisoa au cœur de la dilapidation des fonds publics

La gazette de la grande île
19/01/20264 minute read

Une stratégie de prédation systématique, d’une simplicité cynique, a été déployée sous le régime d’Andry Rajoelina pour détourner massivement les ressources de la nation malgache. Au centre de ce mécanisme bien huilé : Gérard Andriamanohisoa, alors secrétaire d’État chargé des Nouvelles villes et de l’habitat, devenu l’architecte en chef du gaspillage et de la spoliation.

Le schéma en quatre étapes du vol organisé

La méthode, répétée à l’identique, ne laisse aucune place au hasard :

Phase 1 : Lancement médiatique d’un « grand projet présidentiel » mobilisateur.

Phase 2 : Lancement d’un appel d’offres pour la réalisation dudit projet.

Phase 3 : Octroi direct du marché à des entreprises appartenant à Rajoelina, à sa famille ou à ses proches collaborateurs.

Phase 4 : Soit les travaux ne sont jamais exécutés, soit ils sont réalisés de manière minimaliste, une fraction infime du budget étant effectivement investie. Le solde, colossal, est purement et simplement partagé entre les initiés.

La liste des projets-écrans est longue et témoigne de l’ampleur du système : le Stade Barea, les Stades Manara-penitra, les École Manara-penitra, la Plage de Miami à Tamatave, le Colisée du Rova, le projet de Train Urbain, le Téléphérique, Tana-Masoandro, Lake Village, le Lac Iarivo, l’Autoroute, Trano Mora, etc.

Cas d’école : le scandale du Stade Barea

Le Stade Barea, supposé être un fleuron national, est l’illustration parfaite de cette escroquerie d’État.

Budget officiel annoncé : 77 millions de dollars (environ 300 milliards d’ariary).

Argent déjà débloqué par l’État : La totalité des fonds.

Valeur réelle des travaux sur le terrain : Environ 5 millions de dollars.

Question : Où sont passés les 72 millions de dollars restants ? La réponse est sans équivoque : ils ont été partagés entre les membres du réseau.

Conséquence directe : ce stade, bien que partiellement utilisé depuis des années, n’a jamais pu être homologué par la CAF (Confédération Africaine de Football) car ses installations sont médiocres et ne respectent pas les normes internationales. Le contribuable malgache a payé pour un stade de 77 millions ; il a reçu un bâtard inachevé d’une valeur de 5 millions.

La Plage de Miami et Trano Mora : même schéma, mêmes bénéficiaires

Le scandale de la Plage de Miami à Tamatave est tout aussi éloquent. Le marché, colossal, a été octroyé à l’entreprise du mari de la PRMP de la Présidence de l’époque. Le budget de l’appel d’offres s’élevait à 10 milliards d’ariary. Les réalisations effectives sur le site n’en ont coûté qu’environ 3 milliards. Les 7 milliards restants ont une nouvelle fois été siphonnés.

Le projet « Trano Mora », censé apporter 1 000 logements sociaux aux Malgaches, relève quant à lui de la pure escroquerie. Le marché a été attribué directement à Brigitte Razaka pour une somme de 10 millions d’ariary par logement. Résultat : ZÉRO logement construit. Pourtant, la totalité du budget a bel et bien été débloquée des caisses de l’État.

Le cercle des profiteurs et la fuite

Gérard Andriamanohisoa n’a pas agi seul. Il était le maître d’œuvre opérationnel d’un système dont Andry Rajoelina était le premier bénéficiaire et le garant politique. Autour d’eux, une clique a profité de ces magouilles : des noms comme Lalatiana Andriatongarivo, Christian Ntsay, Naina Andriantsitohaina ou encore Brigitte Razaka reviennent systématiquement dans ces affaires.

Aujourd’hui, alors que les conséquences de ces pillages continuent d’asphyxier l’économie malgache et d’appauvrir sa population, une partie des protagonistes a pris la fuite. Gérard Andriamanohisoa, Andry Rajoelina et de nombreux autres bénéficiaires de ces détournements circulent ou résident à l’étranger, mettant à l’abri leurs fortunes mal acquises tandis que le pays sombre dans la crise.

Cet article n’est pas une hypothèse, mais la synthèse de faits observés et de dossiers concrets. Il révèle le mécanisme délibéré de corruption et de captation des fonds publics qui a caractérisé une période sombre de la gestion de l’État malgache. L’impunité dont jouissent les auteurs de ce pillage en série reste une insulte au peuple malgache et un frein insupportable au développement du pays.

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