Vendredi dernier, à l’occasion de la sortie des promotions Iratra et Tafita de l’École nationale d’administration de Madagascar (ENAM), le Colonel Michaël Randrianirina a mis des mots sur une réalité que tout le monde connaît, mais que trop peu osent affronter : la patrimonialisation de l’État.
Car il a appelé les choses par leur nom.
Quand des véhicules administratifs servent à transporter familles, marchandises ou intérêts privés, quand le carburant public devient un avantage personnel, ce n’est pas une dérive. C’est un système.
Un système où la fonction publique est détournée au profit d’intérêts privés, où la frontière entre service de l’État et privilège individuel a disparu.
Il a affirmé que cette patrimonialisation alimente directement la corruption. Il a parfaitement raison.
Mais dans le cadre de la Refondation, dénoncer ne suffit plus. Le pays n’attend pas des rappels à l’ordre. Il attend des décisions visibles, mesurables, irréversibles.
C’est précisément là que se joue la crédibilité de la Refondation. Car une refondation qui se limite aux discours est vouée à l’échec.
Le peuple malgache n’attend plus des constats. Il attend des ruptures. Il attend des décisions qui dérangent, qui bousculent, qui sanctionnent.
Sinon, ce discours restera ce qu’il est déjà pour beaucoup de Malagasy : une promesse de plus.
La vérité est simple :
la corruption ne craint pas les déclarations.
Elle craint la sanction.
Elle craint la transparence.
Elle craint le contrôle.
Sans cela, tout discours sur la Refondation devient inaudible.
Alors, que faire concrètement ?
Prendre immédiatement un décret clair et sans ambiguïté :
l’usage privé des biens publics doit être interdit et considéré comme une faute grave, entraînant suspension immédiate et remboursement intégral.
Dans le même temps, instaurer une traçabilité totale des véhicules de l’État, avec un système de suivi indépendant, hors de toute influence administrative.
Ce sont des mesures simples. Mais ce sont des mesures qui changent tout, parce qu’elles touchent au cœur du système.
La Refondation ne se jugera pas sur les intentions. Elle se jugera sur le courage d’agir.
Et aujourd’hui, le vrai test est là : passer des mots aux actes.





