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Le Journal de l'île Rouge
Société

L’État face aux sauvages de Fasan’ny Karana : Le compromis de trop ?

La gazette de la grande île
07/05/20263 minute read
Si le pouvoir en place préfère la paix sociale de façade à l'ordre réel, il signe son arrêt de mort symbolique. Messieurs les dirigeants, pour une fois, tenez bon. Ne laissez pas une poignée de réfractaires au progrès dicter l'avenir de nos infrastructures

Le verdict est tombé : la nouvelle gare routière de Fisandratana doit ouvrir avant le 26 juin. Mais déjà, les grognements montent de la fange de Fasan’ny Karana. Les coopératives de transport, habituées à régner en maîtres sur un terrain vague devenu zone de non-droit, refusent de bouger. Si le régime actuel recule une fois de plus, il ne s’agira pas de diplomatie, mais d’une abdication pure et simple devant la barbarie urbaine.

Le règne du désordre

On connaît la chanson. À chaque fois que l’État tente de donner à ce pays un semblant de visage moderne, les mêmes forces rétrogrades s’agitent. On l’a vu avec les marchands de trottoirs qui étranglent la ville, les taxi-motos qui ignorent les lois, et les tireurs de pousse-pousse qui bloquent le progrès. Aujourd’hui, ce sont les transporteurs de Fasan’ny Karana qui sortent les griffes.

Ces individus osent invoquer leur « manque d’accord ». Depuis quand la puissance publique doit-elle demander la permission à des entités privées pour assainir le territoire ? En réalité, ces sauvages ne défendent ni les usagers, ni la sécurité : ils défendent leur manne financière occulte et leur droit de polluer, d’encombrer et de paralyser la capitale en toute impunité.

La faiblesse comme mode de gouvernance

Si les autorités cèdent aux caprices de ces transporteurs, ce sera le signal final : le régime est à genoux. Céder, c’est admettre que la rue est plus forte que la loi. C’est confirmer que n’importe quel groupuscule peut dicter sa volonté au sommet de l’État à condition de crier assez fort.

Le constat est brutal : Un État qui ne sait pas se faire obéir par des transporteurs de brousse est un État qui n’existe déjà plus.

Ne pas reculer, ou disparaître

Le transfert des lignes RN2 et RN7 vers Fisandratana est un test de virilité politique. Le ministère des Transports ne doit pas négocier, il doit ordonner. On ne discute pas avec l’anarchie, on l’écrase.

Fasan’ny Karana est le symbole d’un Madagascar qui stagne dans la boue et l’informel.

Fisandratana est, sur le papier, le premier pas vers une organisation civilisée.

Si le pouvoir en place préfère la paix sociale de façade à l’ordre réel, il signe son arrêt de mort symbolique. Messieurs les dirigeants, pour une fois, tenez bon. Ne laissez pas une poignée de réfractaires au progrès dicter l’avenir de nos infrastructures. Ne cédez rien. Le pays vous regarde : serez-vous les bâtisseurs d’un nouvel ordre ou les complices de cette sauvagerie organisée ?

 

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