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Le Journal de l'île Rouge
Société

Grève des Taxis-be : Quand la sauvagerie et l’incivisme veulent dicter leur loi

La gazette de la grande île
22/06/20263 minute read
S'ils font grève, que l'État réquisitionne d'autres moyens de transport, retire définitivement les licences des coopératives grévistes et applique la loi avec une sévérité exemplaire

L’annonce d’une menace de grève des taxis-be pour ce mardi ne doit pas être accueillie comme une simple revendication syndicale, mais comme une tentative de chantage intolérable. Derrière les velléités de paralysie de la capitale se cache la frange la plus anarchique et indisciplinée de notre société, habituée à piétiner le droit des usagers au quotidien.
Pour les usagers des transports en commun à Antananarivo, le quotidien est un calvaire sans fin orchestré par ceux qu’il faut appeler par leur nom : les transporteurs les plus sauvages de la capitale. L’incivisme y est érigé en mode de gestion. Entre les demi-tours intempestifs en plein milieu de ligne, le refus catégorique de prendre des passagers sous prétexte que la destination « ne l’arrange plus », et le mépris total des itinéraires officiels, ces opérateurs se comportent en terrain conquis.
Un quotidien d’agressions et de non-droit
Ce manque de civisme ne s’arrête pas aux infractions routières. Il se traduit par une violence physique et verbale quotidienne. Les receveurs de ces coopératives, souvent dénués de toute éducation professionnelle, agressent ouvertement, insultent et bousculent des usagers qui n’ont d’autre tort que de réclamer leur monnaie ou de demander à descendre à un arrêt réglementaire. Le passager n’est plus un client, c’est une marchandise que l’on entasse au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires.
Le scandale des visites techniques : Des cercueils roulants inondent nos routes. En payant des contrôles techniques complaisants, ces opérateurs maintiennent en circulation des véhicules complètement inaptes, sans freins fiables, fumants et destructeurs, mettant la vie de milliers de citoyens en péril chaque heure.
L’arnaque de la conformité administrative
Le plus intolérable reste l’impunité mécanique. Tout le monde sait comment fonctionnent les visites techniques pour une grande partie de ces coopératives. Ils paient leur vignette, obtiennent le précieux sésame par des voies détournées, et continuent de polluer et de mettre en danger la vie d’autrui avec des carcasses ambulantes. Ces véhicules, qui devraient être à la casse depuis des décennies, continuent de rouler au vu et au su de tous, sous la protection d’un système qu’ils défendent aujourd’hui par la menace de grève.
Appel ferme aux autorités : Ne cédez pas au chantage !
Face à cette énième provocation programmée ce mardi, l’État et la Commune Urbaine d’Antananarivo doivent faire preuve d’une fermeté absolue. S’adresser aux autorités aujourd’hui, c’est leur rappeler leur devoir régalien : ne surtout pas se laisser faire et ne pas laisser ces sauvages faire leur loi.
Céder à leurs menaces ou négocier des passe-droits sous la pression d’un blocage reviendrait à capituler devant l’anarchie. Les autorités doivent saisir cette occasion pour assainir définitivement le secteur. S’ils font grève, que l’État réquisitionne d’autres moyens de transport, retire définitivement les licences des coopératives grévistes et applique la loi avec une sévérité exemplaire. La rue ne doit pas commander l’intérêt public. Il est temps de restaurer l’autorité de l’État face à la dictature de l’incivisme.

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