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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Mais quel exilé politique ?

La gazette de la grande île
30/06/20262 minute read
de quels exilés politiques parle-t-on ? Qu’on nous cite un seul nom. Un seul individu qui, depuis le tournant de septembre 2025, aurait été contraint de fuir Madagascar uniquement pour ses idées ou ses opinions. Si ces individus qui se morfondent dans leurs exils dorés se sentent réellement blancs comme neige, s'ils se croient victimes d'une cabale, la solution est pourtant simple : qu'ils reviennent.

La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) vient une nouvelle fois de s’immiscer dans les affaires intérieures malgaches. En appelant pompeusement au « retour au pays des exilés politiques », l’organisation régionale ne se contente pas de réciter un catéchisme diplomatique hors-sol : elle insulte le bon sens du peuple malgache.

Posons la question crûment, sans détour, à ceux qui rédigent ces communiqués : de quels exilés politiques parle-t-on ? Qu’on nous cite un seul nom. Un seul individu qui, depuis le tournant de septembre 2025, aurait été contraint de fuir Madagascar uniquement pour ses idées ou ses opinions.

La réponse est simple : il n’y en a pas.

La sémantique a son importance. Un exilé politique est une personne persécutée pour ses convictions. Or, la cohorte d’individus qui a quitté la Grande Île ces derniers mois ne fuit pas la dictature, elle fuit les prétoires. Ce ne sont pas des dissidents, ce sont des justiciables. Les dossiers qui pèsent sur eux ne relèvent pas du délit d’opinion, mais du Code pénal : détournements massifs de fonds publics, vols, abus de pouvoir et favoritisme.

Personne ne les a chassés. Aucun décret ne les a bannis. Ils ont fui de leur propre initiative dès que le vent de l’impunité a tourné et que la justice a commencé à faire son travail. Utiliser l’étiquette d’« exilé politique » pour masquer des crimes financiers de droit commun est une imposture morale. Le statut d’opposant ou d’ancien dirigeant ne saurait être un totem d’immunité contre le pillage des deniers publics.

Si ces individus qui se morfondent dans leurs exils dorés se sentent réellement blancs comme neige, s’ils se croient victimes d’une cabale, la solution est pourtant simple : qu’ils reviennent.

Qu’ils cessent de se cacher derrière les communiqués complaisants des organisations régionales. Qu’ils rentrent à Antananarivo et qu’ils affrontent la justice de leur pays. Une justice qui se doit d’être juste et transparente, mais implacable. La démocratie ne se construit pas en amnistiant les délinquants à col blanc sous prétexte d’apaisement. Le véritable apaisement naîtra de la fin de l’impunité et de la stricte reddition des comptes.

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