Il serait utile de mobiliser les autorités régionales et locales afin qu’elles puissent informer, dans leurs territoires respectifs, les citoyens sur le Projet de transport multimodal et de logistique (PTML), notamment sur les travaux prévus, les zones concernées, les impacts possibles sur les populations ainsi que les droits et mécanismes de recours disponibles.
Une information claire et accessible, organisée en amont avec les collectivités et les communautés concernées, permettrait à chacun de mieux comprendre le projet, de suivre sa mise en œuvre et de participer de manière responsable au développement de son territoire.
Mieux informer pour mieux associer les citoyens Ne plus décider seulement au centre.
Projet de transport multimodal à Madagascar : ce que les citoyens doivent savoir
Un important projet de transport et de logistique a été approuvé en avril 2026 par la Banque mondiale, avec 200 millions de dollars de financement de l’IDA. Un cofinancement de 100 millions de dollars de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) est également envisagé, mais reste encore à mobiliser. C’est notamment l’objet de la récente mission du ministre des Finances auprès de l’AIIB.
L’objectif est de réhabiliter et de moderniser plusieurs infrastructures essentielles : chemins de fer, ports, voies navigables et aéroports, notamment sur les axes reliant Antananarivo à Toamasina, ainsi que sur les corridors RN4, RN7 et Pangalanes–RN12.
Concrètement, le projet prévoit notamment :
- la réhabilitation de portions des voies ferrées Tananarive–Côte Est et Tananarive–Antsirabe ;
- la création d’une plateforme logistique ou port sec près d’Antananarivo ;
- la réhabilitation des ports de Mahajanga et Toliara ;
- des travaux sur le canal des Pangalanes ;
- la modernisation des aéroports de Toamasina, Toliara et Fort-Dauphin ;
- des réformes et un renforcement des capacités dans les secteurs ferroviaire, maritime, fluvial et aérien.
Mais le plus important pour les citoyens,
Le Projet de transport multimodal et de logistique (PTML) doit aussi être regardé en lien avec le Plan national de décentralisation et de développement local (PNDDL). Au-delà des routes, voies ferrées, ports et aéroports, la question est de savoir comment ces investissements contribueront concrètement au développement de nos territoires.
Pour les citoyens, il est donc important de rester informés, de suivre les travaux et les financements, de veiller à ce que les besoins des collectivités et des populations locales soient pris en compte, et de connaître ses droits en cas d’impact sur les terres, les activités ou les moyens de subsistance.
Le développement des infrastructures ne doit pas seulement rapprocher les territoires ; il doit aussi contribuer à leur développement et permettre aux populations d’en être réellement bénéficiaires et actrices.
Par ailleurs, pendant sa mise en œuvre, le projet peut avoir des conséquences sur les terres, les activités économiques, les travailleurs, les déplacements et les revenus des populations vivant à proximité des travaux.
Des ménages pourraient être affectés, certains pouvant être concernés par un déplacement physique ou économique. Des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs pourraient également être concernés. Des mécanismes d’indemnisation, de restauration des moyens de subsistance et de réclamation sont prévus.
Il est donc important que chaque citoyen puisse demander : Quels travaux sont prévus dans ma région ? Combien cela coûte-t-il et comment l’argent est-il utilisé ? Qui bénéficie des marchés et des emplois ? Si une famille ou une activité est affectée, quelle indemnisation est prévue ? Où déposer une plainte ou demander des explications ? Quels résultats concrets sont obtenus après les travaux ?
Un projet financé sur fonds publics et par des prêts internationaux doit pouvoir être suivi par les citoyens.S’informer, demander les documents, suivre les travaux et signaler les problèmes ne signifie pas être pour ou contre le projet : c’est simplement exercer son rôle de citoyen.
L’objectif annoncé est d’améliorer les transports et la circulation des personnes et des marchandises. La responsabilité citoyenne est de vérifier, dans la réalité, comment le projet est exécuté, quels sont ses effets sur les territoires et qui en bénéficie.





