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Le Journal de l'île Rouge
Economie

Affichage sauvage : la CUA dénonce le retour de la corruption

La gazette de la grande île
08/10/2026•3 minute read
Le Malgache que la société ERRE a jugé faible ne s’est pas laissé faire : il a pris les choses en main en nettoyant cette pollution visuelle et cette pollution paysagère, se débarrassant définitivement du panneau. C’est le bon exemple à suivre face aux abus et aux passe-droits

C’est un nouvel épisode accablant de la jungle publicitaire qui secoue la capitale. Entre abus de pouvoir, passe-droits et mépris des citoyens, l’installation clandestine d’un panneau géant met en lumière des pratiques d’un autre âge, où certains acteurs économiques piétinent impunément les règles et les droits des riverains.

Hier, un panneau publicitaire géant mesurant 5 mètres sur 3 a fait son apparition, dressé de force directement devant le portail d’un particulier. Ce dispositif appartient à la société d’agence de publicité ERRE, dirigée par un certain Rakotomang Hery. Cette publicité irrégulière et ce dispositif non conforme ont été érigés avec la complicité active de la société Europ’Alu, locataire du panneau, qui a sciemment laissé faire malgré l’obstruction totale de l’entrée de l’habitant.

Pour légitimer ce passage en force, l’entreprise s’est retranchée derrière une prétendue autorisation émanant de la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), qui aurait été délivrée il y a tout juste quelques jours par un certain Njaka, selon les dires des ouvriers sur place. Une version immédiatement et formellement balayée par la CUA : « Ce n’est pas possible, car la CUA n’a plus délivré d’autorisation pour ce genre de panneau depuis plus d’un mois. » Le vernis de la légalité s’effondre, laissant poindre de lourds soupçons de corruption.

Le choix de l’emplacement révèle par ailleurs un mode opératoire pour le moins lâche. Quelques semaines plus tôt, la société ERRE avait tenté d’imposer son panneau géant devant le chantier de l’entreprise Colas, avant de se heurter à un refus net et de battre en retraite. Elle avait ensuite jeté son dévolu sur la propriété d’un résident de communauté Karana, qui s’y était également opposé avec succès. Face au Vazah ou au Karana, le petit patron malgache s’écrase et obéit gentiment. En revanche, persuadé que le citoyen local se laisserait faire par résignation, il se rabat lâchement sur la maison d’un Malgache.

Mais ce calcul cynique a fait long feu. Le Malgache que la société ERRE a jugé faible ne s’est pas laissé faire : il a pris les choses en main en nettoyant cette pollution visuelle et cette pollution paysagère, se débarrassant définitivement du panneau. C’est le bon exemple à suivre face aux abus et aux passe-droits.

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