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Le Journal de l'île Rouge
Politique

REFONDATION À MADAGASCAR : DE L’AIDE IMMÉDIATE À LA RESPONSABILITÉ COLLECTIVE.

La gazette de la grande île
19/10/2026•5 minute read

Faire, c’est bien. Changer la vie, c’est mieux.

 Les aides sociales : une nécessité, mais aussi une exigence de transparence

Les aides sociales distribuées par le Président de la République lors de ses déplacements répondent à une nécessité réelle : soutenir les populations les plus vulnérables face aux difficultés quotidiennes.

L’aide sociale doit permettre de répondre aux besoins urgents des  Malagasy en particulier ceux qui , dans une situation de pauvrete, disposent de moins de moyens pour faire face aux épreuves de la vie.

Cependant, lorsque ces gestes présidentiels sont fortement médiatisés, certains peuvent les interpréter comme des opérations de communication politique, voire comme une forme de propagande ou de préparation électorale.

Pour prévenir cette perception, les autorités régionales chargées de leur distribution ont une responsabilité essentielle : garantir la transparence sur les bénéficiaires, les critères d’attribution et l’utilisation des fonds publics. L’aide doit être équitable, fondée sur des critères objectifs et indépendante de toute considération politique.

La Refondation : l’État doit agir, les citoyens doivent aussi prendre leurs responsabilités.

Au-delà des aides ponctuelles, une question fondamentale se pose : comment créer les conditions permettant aux Malgaches de sortir durablement de la pauvreté ?

La responsabilité de l’État est de créer un environnement favorable à l’activité économique, à l’emploi, à l’éducation, à la santé, à l’accès à l’eau et à l’électricité, ainsi qu’à l’initiative privée.

Mais la population ne peut pas non plus attendre que l’État apporte toutes les solutions. La Refondation suppose aussi une évolution des mentalités : valoriser le travail, l’effort, la discipline, l’initiative, la solidarité et la persévérance.

Chacun, selon ses possibilités, doit pouvoir contribuer à créer de la richesse : dans l’agriculture, l’artisanat, le commerce, les petites entreprises, les services ou l’innovation.

Il ne s’agit pas de culpabiliser les personnes confrontées à la pauvreté, ni de minimiser les responsabilités des pouvoirs publics. Il s’agit de reconnaître que le développement durable repose sur une alliance entre un État responsable et des citoyens qui deviennent pleinement acteurs de leur avenir.

L’aide sociale doit protéger ceux qui en ont besoin ; le développement doit permettre au plus grand nombre de devenir progressivement autonomes.

La transition : un dialogue politique qui doit déboucher sur des résultats

Les préoccupations exprimées par certains acteurs politiques renvoient à une question essentielle : comment construire un cadre de dialogue politique capable de réduire les tensions, de rapprocher les acteurs et de clarifier les conditions de sortie de la transition ?

Certains estiment que le pouvoir actuel ne bénéficie pas d’une assise politique suffisamment consensuelle, faute d’un accord politique plus large. Le souhait de voir émerger un accord politique plus large est légitime, dans la mesure où le dialogue et la recherche de consensus peuvent contribuer à renforcer la confiance, à réduire les tensions et à clarifier les objectifs communs de la transition.

Le dialogue engagé par le Président de la République avec les partis politiques devrait permettre d’avancer dans cette direction. Il gagnerait à être maintenu tout au long de la transition, dans un cadre régulier, inclusif et transparent.

Toutefois, ce dialogue doit déboucher sur des engagements précis, des responsabilités clairement définies et un calendrier crédible de retour à l’ordre constitutionnel.

La recherche d’un consensus politique doit aider à réussir la transition, et non à en prolonger indéfiniment la durée.

La Refondation ne doit pas justifier une prolongation indéfinie de la transition. Elle doit préparer l’installation d’institutions légitimes, capables de répondre aux attentes de la population et de conduire des politiques publiques évaluées à partir de leurs résultats.

Le véritable enjeu est de dépasser une gouvernance centrée uniquement sur les gestes visibles et les réponses immédiates, pour construire un modèle qui associe solidarité, responsabilité, création de richesse et résultats durables.

L’État doit créer les conditions du développement. Les citoyens doivent saisir les possibilités, travailler et persévérer. Le dialogue politique doit permettre de construire des institutions légitimes et responsables.

La Refondation ne sera véritablement réussie que si elle améliore concrètement la vie des Malgaches et leur donne confiance dans leur capacité à construire ensemble l’avenir du pays.

Les prochains mois nous permettront de mieux apprécier si nous avançons réellement dans la bonne direction de la Refondation, à travers des actions concrètes, des résultats mesurables et une amélioration tangible des conditions de vie de la population.

Une réflexion pour le bénéfice de l’intelligence collective.

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