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Le Journal de l'île Rouge
Economie

MEDD sous Max Fontaine : L’Écologie au service du profit privé

La gazette de la grande île
30/03/20264 minute read
Les faits tendent à le prouver. Entre les paiements fictifs, le matériel détourné et l'utilisation de la diplomatie à des fins commerciales, le "Champion de la Terre" semble surtout être devenu le champion du profit personnel.

Révélations sur le “ Système Fontaine” : Quand le Ministère devient la filiale de l’entreprise Bôndy

Par notre correspondant enquêteur en Suisse.

Alors que la Cour des Comptes vient de publier son rapport d’audit (N°21/26) sur le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), un nom brûle toutes les lèvres : Max Fontaine. Derrière l’image du jeune ministre dynamique et « vert », les chiffres et les faits dessinent une réalité bien plus sombre : celle d’une institution publique dont les ressources semblent avoir été siphonnées pour servir les intérêts de Bôndy, l’entreprise qu’il a lui-même fondée.

      1. Avaradrano : Le scandale des « travaux fantômes »

Le rapport d’audit est formel : à Avaradrano, l’argent a coulé, mais les briques manquent. Le ministère a décaissé plus de 342 millions d’Ariary d’acomptes à une entreprise pour un centre de traitement de déchets… qui n’a jamais vu le jour dans les délais.

Le constat : La Cour a relevé un préjudice direct de 128,5 millions d’Ariary pour des travaux (béton armé, maçonnerie) payés, mais inexistants.

L’ombre de Bondy : Pourquoi une telle précipitation à payer sans vérifier ? L’enquête suggère que ces circuits de « paiements rapides » servaient à alimenter un réseau de prestataires gravitant autour des intérêts privés du ministre, laissant l’État payer une seconde fois (322 millions supplémentaires) pour finir le travail.

      2. Le « Self-Service » d’Ambatobe : Moteurs volés et motos disparues

C’est sans doute le point le plus surréaliste de l’audit. Le garage du ministère à Ambatobe a été transformé en réserve de pièces détachées pour le privé.

Pillage organisé : Des moteurs de 4×4 ont été extraits des véhicules officiels. Le personnel du garage est directement impliqué, mais l’impunité règne : un gardien pris en flagrant délit est toujours en poste en 2026.

Évaporation logistique : 11 motos ont purement et simplement disparu des inventaires. Des véhicules de l’État sont « empruntés » depuis 2015 par des conseillers et ne sont jamais revenus.

Le lien suspect : Pour une entreprise comme Bondy, dont le cœur de métier est le reboisement sur des terrains difficiles, une flotte de motos tout-terrain et des pièces de rechange gratuites constituent un avantage concurrentiel… financé par vos impôts.

      3. « Diplomatie Verte » : L’État comme VRP de luxe

L’article de presse analysé est catégorique : Max Fontaine a créé la « Direction de la Diplomatie Verte » non pas pour Madagascar, mais pour Bondy.

Le conflit d’intérêts : En voyageant aux frais de l’État pour des sommets internationaux, le ministre aurait utilisé ces tribunes pour démarcher des investisseurs carbones pour sa propre société.

Flottes mobiles fantômes : L’audit révèle que 30% des utilisateurs des téléphones payés par le ministère sont inconnus. Qui coordonnait les équipes de plantation privées avec les abonnements de l’État ?

      4. 3 900 Milliards d’Ariary : Le prix de la trahison

Ce n’est pas un cas isolé. À l’échelle nationale, la corruption a englouti 3 900 milliards d’Ariary en 2025. Au MEDD, cette corruption a un visage : celui d’un conflit d’intérêts permanent. En ne tenant aucune « comptabilité-matières » (constat majeur de la Cour), le ministère s’est assuré qu’aucune trace ne puisse lier le matériel public aux chantiers privés.

L’urgence de la redevabilité

Max Fontaine a-t-il confondu son bureau ministériel avec le siège social de Bondy ? Les faits tendent à le prouver. Entre les paiements fictifs, le matériel détourné et l’utilisation de la diplomatie à des fins commerciales, le « Champion de la Terre » semble surtout être devenu le champion du profit personnel.

À l’heure où les Malgaches subissent les conséquences du changement climatique, voir l’argent de la résilience environnementale finir dans les poches d’une oligarchie « verte » est plus qu’un scandale : c’est un crime contre l’avenir.

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