Depuis quelque temps, les réseaux sociaux sont inondés de photos de responsables politiques, d’anciens présidents, d’autorités de la Transition, de dirigeants religieux ou d’acteurs publics posant aux côtés de représentants de l’Union européenne, de la Banque mondiale, de la France de la Russie ou d’autres partenaires techniques et financiers.
À les voir, chacun semble vouloir démontrer qu’il est le mieux connecté, le plus influent ou le plus capable d’apporter le développement à Madagascar.
Mais une question simple mérite d’être posée : où sont les résultats concrets pour les Malgaches ?
Le citoyen qui passe des heures sur une route dégradée, celui qui manque d’eau potable, celui qui subit les coupures d’électricité, celui qui peine à trouver un emploi ou à accéder à des soins de qualité ne vit pas de photographies officielles. Il attend des résultats.
Depuis des décennies, Madagascar bénéficie de l’appui de nombreux partenaires internationaux. Des milliards de dollars ont été mobilisés sous forme de dons, de prêts et de programmes d’assistance. Pourtant, notre pays demeure parmi les plus pauvres du monde et plus de trois quarts de la population vivent encore dans la pauvreté.
Le véritable débat n’est donc pas de savoir qui a rencontré quel ambassadeur ou quel bailleur de fonds. Le véritable débat est de savoir ce qui a changé dans la vie quotidienne des citoyens.
Où est la grande concertation nationale que réclament de nombreux Malgaches ?
Où est la vision collective capable de dépasser les rivalités politiques et les ambitions personnelles ?
Où sont les réformes profondes permettant de lutter contre la corruption, de renforcer les institutions et de garantir que les ressources publiques servent réellement l’intérêt général ?
Les partenaires financiers eux-mêmes soulignent régulièrement que les principaux obstacles au développement de Madagascar sont liés aux problèmes de gouvernance, à la captation des ressources par certaines élites et à la faiblesse des institutions.
Les Malagasy n’ ont pas besoin d’une compétition de photographies. Ils n’ont pas besoin d’une bataille de communication entre anciens et actuels dirigeants. Il n’a pas besoin d’une propagande permanente destinée à préparer les prochaines échéances politiques.
Ils ont besoin d’une vision.
Ils ont besoin d’un projet national partagé.
Ils ont besoin de résultats mesurables.
Soyez sur que l’histoire retiendra moins ceux qui auront multiplié les rencontres protocolaires que ceux qui auront réellement amélioré la vie des citoyens.
Car au final, ce ne sont pas les photos qui développent un pays. Ce sont les actions, les réformes et les résultats.





