Des questions légitimes avant toute nomination diplomatique
Mamy Ratovomalala a été un responsable important de la Transition dirigée par Andry Rajoelina, notamment comme ministre des Mines et des Hydrocarbures.
Son passage au ministère mérite aujourd’hui d’être regardé avec attention, particulièrement en raison des décisions prises dans les secteurs minier et pétrolier, qui engagent les intérêts stratégiques de Madagascar sur plusieurs décennies.
Le cas de Soalala
En 2010, Mamy Ratovomalala défendait activement le projet d’exploitation du gisement de fer de Soalala par WISCO. Il annonçait une exploitation pouvant durer 30 ans, avec des réserves estimées à 600 à 700 millions de tonnes de minerai de fer. Il indiquait également que WISCO devait verser 100 millions de dollars à l’État, auxquels devaient s’ajouter 4,5 millions de dollars pour des projets de développement durable.
Mais cela soulève une question essentielle : dans quelles conditions un gouvernement de Transition a-t-il négocié et engagé l’État malgache dans un projet minier aussi stratégique et de très long terme ?
À l’époque, des sources rapportaient également que WISCO était le seul candidat ayant accepté la condition particulière du versement anticipé de 100 millions de dollars.
Au-delà de Soalala
Le problème ne concerne donc pas uniquement WISCO.
La gestion des secteurs minier et pétrolier sous la responsabilité de Mamy Ratovomalala soulève plus largement des questions sur la transparence des contrats, les procédures d’attribution, les mécanismes de contrôle et la concentration du pouvoir de décision.
Le contentieux avec Madagascar Oil, notamment autour des permis de Tsimiroro et Bemolanga, avait d’ailleurs pris une dimension fortement politique en 2011.
Mais lorsqu’un responsable ayant exercé de telles responsabilités est aujourd’hui envisagé pour représenter la République comme ambassadeur dans le cadre de la Refondation, il est légitime de demander que son bilan soit examiné avec la même exigence que celle que l’on appliquerait à tout autre haut responsable.
Les contrats stratégiques de la Transition, les conditions de leur négociation, les garanties obtenues pour l’État et les décisions prises dans les secteurs minier et pétrolier doivent-ils être clarifiés avant une telle nomination ?
Dans quelle mesure un gouvernement de transition disposait-il de la légitimité et des garanties institutionnelles nécessaires pour engager durablement l’État malgache dans un contrat minier stratégique ?
C’est une question de transparence, de responsabilité et de crédibilité de l’État.





