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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Trafic d’or des Rajoelina : une affaire de père en fils

La gazette de la grande île
16/10/2026•2 minute read
Avec d'autres proches, Yves Roger Rajoelina est suspecté d'avoir fait office de convoyeur privilégié, évacuant clandestinement d'importantes quantités d'or et de pierres précieuses hors des frontières.

Pendant que le regard public se tourne vers les fugitifs à l’étranger, le cœur du réseau de contrebande qui a gangrené l’administration malgache demeure intact sur le territoire national. Au centre de ce système de pillage organisé, le clan familial de l’ancien président Andry Rajoelina est aujourd’hui ouvertement mis en cause pour des années de trafic de minerais précieux sous couvert d’impunité d’État.

Sous le régime de Rajoelina, les frontières du pays sont devenues une passoire pour le cercle restreint du pouvoir. En première ligne : le père de l’ex-président, le colonel à la retraite Yves Roger Rajoelina. Bénéficiant d’un statut d’intouchable, il multipliait les déplacements internationaux exemptés de toute fouille ou contrôle douanier. Avec d’autres proches, il est suspecté d’avoir fait office de convoyeur privilégié, évacuant clandestinement d’importantes quantités d’or et de pierres précieuses hors des frontières.

Ce schéma familial s’est matérialisé lors de plusieurs scandales retentissants, à commencer par la saisie de 73 kilos d’or interceptés en Afrique du Sud fin 2020. Yves Roger Rajoelina et Rodolphe Razakandisa, beau-père d’Andry Rajoelina, y ont été directement impliqués avant d’être blanchis au terme de négociations informelles en coulisses.

Le volet logistique de cette entreprise reposait également sur des alliances stratégiques du père du président. Dès janvier 2021, la députée Hanitra Razafimanantsoa révélait dans l’émission Miara-manonja les liens d’affaires étroits entre Yves Roger Rajoelina et Gilbert Biny, patron de la compagnie Services de Transports Aériens (STA). Les aéronefs de la STA décollaient sans être soumis aux vérifications rigoureuses appliquées aux autres compagnies, servant ainsi de passerelle pour l’exportation illégale de lingots.

Aujourd’hui, alors qu’Andry Rajoelina a trouvé refuge hors du pays, les maillons essentiels de cette chaîne de contrebande, à commencer par son père, résident toujours à Madagascar. L’inaction des autorités à leur égard interroge sur la persistance de leurs soutiens et soulève une question légitime : jusqu’à quand la justice évitera-t-elle de demander des comptes à ceux qui ont orchestré l’évasion des richesses de la Nation ?

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