S’adapter aux mutations de notre époque si les Malagasy veulent vraiment se développer !
Le rythme effréné du changement, marqué également par des crises inattendues et une certaine volatilité, affecte aussi bien les individus que les organisations. Il ne suffit plus de réagir : chacun doit développer de manière proactive sa capacité de résilience et d’adaptabilité pour vivre dans la paix. Nous vivons une époque de profondes mutations. La technologie et la mondialisation sont deux forces majeures qui transforment radicalement nos modes d’interaction, d’apprentissage et de travail.
Les avancées techniques imposent aujourd’hui l’acquisition de compétences nouvelles et plus complexes qu’il y a seulement quelques années. Les réunions virtuelles sont devenues courantes, les formations s’effectuent de plus en plus en ligne, et des démarches administratives essentielles, comme la déclaration d’impôts ou la candidature à un emploi, s’accomplissent désormais via des plateformes numériques comme le projet de digitalisation de nos partenaires de développement. Le transfert d’argent par mobile money en est un autre exemple.
Cette évolution technologique a également rendu l’information facilement accessible, issue de multiples sources et souvent contradictoires. Cela nous oblige à redoubler de vigilance : nous devons apprendre à évaluer, filtrer et traiter ces informations avec esprit critique. Consommer l’information de manière sélective et réfléchir avant de réagir ou de décider est devenu une nécessité pour ne pas se laisser submerger et accepter des nouvelles fausses.
Face à ces nouvelles réalités et interactions complexes, s’adapter implique de développer une capacité d’action rapide, autonome et réfléchie. Il faut qu’on ait une réflexion critique ; elle devient essentielle : elle permet de questionner, d’analyser et de prendre des décisions efficaces, indispensables pour évoluer sereinement dans un monde en perpétuel changement.
Dans ce contexte mouvant, il est crucial de développer des savoir-être, des savoir-faire et des compétences capables de suivre le rythme de ces transformations. Ces aptitudes permettent non seulement de s’intégrer dans la société moderne, mais aussi de participer activement à la vie sociale et économique. Il ne faut pas oublier que nous évoluons, chacun, en interaction constante avec son environnement – famille, communauté, société. Planifier son développement personnel et collectif, c’est créer des conditions favorisant l’épanouissement et l’autonomie face aux défis du quotidien. Cela exige des capacités pratiques et flexibles pour s’adapter aux dimensions physiques, sociales, technologiques et culturelles de notre époque, afin d’encourager un progrès positif et durable.
Il est temps de repenser les rôles de nos “Ray aman-dreny” – qu’ils soient familiaux, économiques ou politiques. Ils doivent désormais aider la jeunesse malgache à surmonter les héritages de domination et de dépendance qui ont affaibli l’efficacité personnelle et collective. Le manque de confiance dans les capacités du peuple malgache est trop souvent entretenu par des pratiques politiques manipulatrices et renforcé par des projets d’aide sociale mal conçus. Ces derniers, au lieu de promouvoir l’autonomie, perpétuent la dépendance en limitant l’exposition des jeunes à des perspectives créatives et critiques.
Pour bâtir un avenir durable, il est essentiel d’encourager l’esprit d’initiative, la pensée critique et l’indépendance d’esprit. Madagascar a le potentiel de se libérer des schémas du passé et de se réinventer. Madagascar doit s’appuyer sur ses forces vives, en particulier, la jeune génération Malagasy représentant plus de 65% de la population Malagasy. En développant une ouverture d’esprit, un sens critique aiguisé, une attitude proactive et une vision pragmatique de l’avenir, cette jeunesse Malagasy pourra conduire le pays sur la voie de la réussite et du développement durable. Il est urgent d’investir dans l’éducation, la responsabilisation et la valorisation des talents malgaches. Ensemble, osons croire en la capacité de Madagascar à se réinventer.