Même si le gouvernement a essayé de dribbler sur le sujet pendant plusieurs jours, le secret de polichinelle a fini par être éventé et la vérité a fait surface : le stade « manara-penitra » (aux normes) de Mahamasina a été une fois encore raté son test d’admission aux normes de la FIFA. Les Barea iront donc au Maroc disputer leur match contre le Ghana, au lieu de le faire chez eux. Le fameux stade se révèle encore une fois en dessous des normes, malgré toute la propagande qui a été faite autour. Cette fois-ci, c’est la qualité de la pelouse qui serait mise en cause. Manara-penitra, mais aux fenitra du régime Rajoelina. Comme tout le reste, de l’état des routes aux services de la Jirama, en passant par l’insécurité.
Nouvelle déconvenue donc pour celui qui n’a pourtant pas eu le moindre scrupule à monter en épingle ce titre fumeux de grand leader africain, obtenu par un vote de lecteurs. Combien de votants ont participé à ce simulacre destiné à satisfaire les égos de ceux qui ont les moyens de contribuer financièrement à la cérémonie ? On serait curieux de savoir si les usines à troll ont fait de la diversification d’activités du service. Finalement, ce scrutin bidon n’est que le versant politique du vote du public dans les émissions télévisées pour jeunes comme Pazzapa ou Star Academy. Quand on sait comment motiver et mobiliser les internautes à voter pour soi, on n’a pas besoin de savoir chanter.
Mais cela suffit aux esprits peu éclairés, habitués à distribuer ou à recevoir des koveta, et qui se satisfont de manipulations récurrentes de titres de champions. Mais dès qu’il sort de sa zone de sous-contrôle, Andry Rajoelina est en difficulté. Au Caire, au siège de la Caf, à Londres au tribunal qui a jugé son ex-directeur de cabinet, à Addis-Abeba au siège de l’Union africaine. Il n’y a que dans les cercles sous contrôle, ou ceux qui ont compris comment mettre à profit son égocentrisme narcissique, qu’il réussit. Exemple avec cet obscur African Leadership Magazine qui a réussi à lui vendre l’idée d’être élu Leader politique africain par un électorat obscur. Mais les élections peu transparentes, aux résultats peu fiables, et aux listes électorales fantaisistes ne vont pas le déranger : il a l’expérience des élections Vita Gasy depuis 2010, voire l’expertise.
Quelles sont les réalisations marquantes du champion de l’industrialisation de l’Afrique, dont le pays n’est même pas dans le Top10 des pays africains industrialisés ?
Quelle est la situation de la famine dans le sud, au pays du champion de la lutte contre la malnutrition ?
En quoi le leader politique africain de l’année s’est-il singularisé, si ce n’est par le nombre d’opposants emprisonnés et une élection remportée sans gloire dans une bataille sans péril ?
En attendant les réponses, le glorieux élu Leader politique africain de l’année n’est même pas fichu de diriger ses équipes à planter correctement du gazon.