Après avoir ouvert le tiroir-caisse pour les Barea, distribué salaires, primes, villas et promesses de luxe aux joueurs et au staff, Andry Rajoelina s’attaque désormais à un autre terrain : la justice. Son idée de génie ? Payer les juges pour qu’ils ne soient pas corrompus.
Officiellement, il s’agirait d’inciter les magistrats à rester « intègres ». Mais la logique défie tout bon sens : faut-il vraiment verser une prime supplémentaire à des fonctionnaires qui sont déjà rémunérés pour appliquer la loi ? Est-ce qu’on combat la corruption en… corrompant ?
Le ridicule atteint ici son apogée. Le message est clair : « Nous savons que vous êtes tentés par la corruption, mais si on vous donne plus d’argent, peut-être que vous résisterez ». Cela revient à institutionnaliser la suspicion généralisée et, pire encore, à admettre l’impuissance de l’État à instaurer une justice indépendante par la voie normale : salaires décents, contrôles stricts et sanctions exemplaires.
Cette mesure, au fond, est une caricature de gouvernance :
- D’abord on flatte les footballeurs avec des villas.
- Ensuite on achète les juges avec des primes.
- Et demain, quoi encore ? Faudra-t-il payer les policiers pour qu’ils ne rackettent pas ? Les ministres pour qu’ils ne détournent pas ?
L’ironie est mordante : au lieu de renforcer les institutions, le régime préfère ouvrir le portefeuille et croire qu’avec de l’argent public, on achète la vertu. En réalité, on ne fait qu’ancrer une idée encore plus dangereuse : tout le monde a un prix.
Dans un pays où la justice est déjà minée par les influences politiques et les petits arrangements, cette initiative ressemble moins à une solution qu’à une nouvelle blague de mauvais goût. Rajoelina le clown a encore frappé.






