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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Lova Rinel : Le double jeu derrière sa quête de réhabilitation

La gazette de la grande île
29/10/2026•3 minute read
Dans son analyse, la légitimité d'un pouvoir à Madagascar dépend en grande partie de sa validation par les institutions internationales et les chanceliers occidentaux.

À Madagascar, les crises politiques ne se jouent pas seulement dans la rue, mais aussi dans les cercles dirigeants où se prennent les décisions. Lova Rinel, ancienne conseillère spéciale de l’ex-président Andry Rajoelina, illustre cette classe technocratique capable de s’adapter à tous les changements de régime. Sa récente intervention sur le plateau de Global Africa Telesud ne relève pas d’une simple analyse neutre : elle s’inscrit dans une stratégie claire de réhabilitation politique et de critique ciblée du pouvoir en place.

Son parcours et ses propos révèlent une méthode fondée sur le double jeu et une influence géopolitique marquée.

Pendant que le régime de Rajoelina traversait ses derniers mois sous la pression des manifestations, Lova Rinel occupait un rôle central au sein de l’appareil d’État, en lien direct avec des relais diplomatiques à Paris. Une fois le régime renversé, elle adopte une posture de commentatrice critique à l’égard de la transition dirigée par le colonel Michaël Randrianirina.

Lorsqu’elle dénonce la corruption, la cherté de la vie ou les dérives sécuritaires de la période actuelle, elle occulte sa propre participation aux décisions et aux failles du pouvoir qu’elle a servi jusqu’à la fin.

En dressant un constat sévère de la situation tout en se présentant comme une observatrice lucide, elle cherche à discréditer les efforts du nouveau pouvoir, entretenant une instabilité qui sert ses intérêts de reclassement politique.

La communication de Lova Rinel s’appuie sur une maîtrise des codes médiatiques pour orienter l’interprétation des crises malgaches.

En commentant le mouvement de la jeunesse (Gen Z), elle utilise les difficultés économiques réelles, accès à l’eau, à l’électricité, aux services de base , pour valider son propre diagnostic, tout en éludant la part de responsabilité du gouvernement auquel elle appartenait.

Tout en admettant du bout des lèvres les échecs structurels de l’ancien exécutif, elle dilue les responsabilités concrètes dans un problème général de système, ce qui lui permet d’exonérer les acteurs principaux des décisions passées.

La position de Lova Rinel met en lumière un rapport particulier à la souveraineté nationale, fortement lié aux relations avec les partenaires occidentaux.

Dans son analyse, la légitimité d’un pouvoir à Madagascar dépend en grande partie de sa validation par les institutions internationales et les chanceliers occidentaux. Elle critique ouvertement la diversification des partenariats sécuritaires et diplomatiques de la Grande Île, notamment le rapprochement avec de nouveaux acteurs.

En insistant sur la méfiance des bailleurs de fonds et la difficulté d’obtenir des financements extérieurs, elle promeut implicitement l’idée qu’un État malgache ne peut fonctionner sans l’aval et l’encadrement des puissances traditionnelles, contestant de fait la marge de manœuvre souveraine du pays, tout en s’opposant à l’ouverture du pays à d’autres partenaires de développement notamment orientaux et en voulant garder une certaine exclusivité de la France

Lova Rinel représente un profil technocratique rompu aux retournements de situation. En alternant entre l’exercice du pouvoir et la critique médiatique des régimes successifs, elle cherche avant tout à préserver ses réseaux d’influence et à se maintenir au centre du jeu politique, au détriment d’une véritable stabilité institutionnelle pour Madagascar

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