La décision de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) est tombée comme un couperet : en renvoyant l’ancien président Andry Rajoelina et six anciens hauts responsables devant le Pôle Anti-Corruption (PAC), la haute juridiction redéfinit les règles du jeu. Le message est limpide : le privilège de juridiction ne sert plus de bouclier face aux infractions de corruption.
C’est tout le système d’un clan qui se retrouve à nu. Les projecteurs se braquent inévitablement sur les premiers cercles familiaux et les figures tutélaires de l’ancien régime, à l’image du père de l’ex-président, le colonel à la retraite Yves Roger Rajoelina, et de son beau-père Rodolphe Razakandisa, également renvoyé devant le PAC. Tous deux ont longtemps été soupçonnés d’échapper aux contrôles stricts et de servir de pivots dans les dossiers les plus ténébreux de trafic de ressources et de contrebande.
Finies les immunités de façade et les arrangements discrets en coulisses. En soumettant l’ancien chef de l’État et ses proches aux exigences de la justice de droit commun pour des actes détachés de leurs fonctions, cette décision enterre l’ère de l’intouchabilité d’État. L’épreuve des faits commence pour le PAC : le clan Rajoelina n’a plus de filet de sécurité.





