C’est sur sa propre page Facebook que la société Europ’Alu a cru bon de publier un « droit de réponse » pour tenter de se dédouaner de l’installation sauvage et illégale d’un panneau publicitaire géant devant le portail d’un particulier. Dans ce communiqué, l’entreprise affirme n’intervenir « qu’en qualité de loueur de l’emplacement » (comprendre : annonceur) et décline toute responsabilité quant au choix du site, à l’installation ou aux autorisations administratives.
Dont acte. Mais cette tentative de défausse publique suscite plusieurs questions embarrassantes pour l’enseigne :
Une ignorance budgétaire peu crédible
Selon les tarifs en vigueur dans le secteur, la location d’un panneau publicitaire de cette dimension (5m x 3m) dépasse facilement les 5 millions d’Ariary par trimestre. Europ’Alu veut-elle sérieusement faire croire au public qu’elle alloue des sommes aussi considérables sans même vérifier où sa propre publicité est implantée dans la ville ?
L’emplacement est le cœur même du contrat
En matière de communication visuelle, la localisation exacte, la visibilité et le format constituent la clause essentielle de tout contrat de location d’espace publicitaire. Prétendre ignorer l’emplacement choisi revient à nier le principe même d’une campagne d’affichage.
La responsabilité de la marque face aux dérives
Lorsqu’une entreprise confie son image à un prestataire, il lui incombe de s’assurer que ce dernier agit dans le respect des lois et de la propriété privée. Dans ce dossier, le prestataire a empiété sur un accès privé, bloqué des riverains et prétendu détenir une autorisation administrative inexistante, le tout en associant le nom d’Europ’Alu à cette publicité irrégulière et ce dispositif non conforme.
Publier un démenti sur les réseaux sociaux ne suffit pas à dédouaner une grande enseigne de son devoir de vigilance. S’assurer que sa communication ne génère ni pollution visuelle, ni pollution paysagère, ni violation du droit des citoyens est le minimum attendu d’un acteur économique responsable.







